PSYCHOLOGIE & COMPORTEMENT DES UTILISATEURS Comment perçoivent-ils l’information ?

Interviews, Personae, Test utilisateurs, Zonings,  Wireframes, Trending, Flat Design, Materials Design… C’est très bien tout ça !

Mais est-ce que cela sert vraiment à quelque chose si on ne connaît pas comment fonctionne le cerveau humain ? Il faut comprendre avant tout, comment l’utilisateur perçoit les informations, comment son cerveau réagit et comment faire pour que toutes ces pratiques soient bien exploitées ?

Connaître l’utilisateur, ses usages, c’est une bonne chose mais comprendre comment il réagit face aux informations, c’est une autre chose, autant, voir plus importante à comprendre et à prendre en compte dans l’expérience utilisateur d’un système interactif.

C’est ce que je vous propose de comprendre à travers cet article.

Comment le cerveau humain perçoit-il et traite l’information ?

 

De nos jours, l’importance de connaître notre utilisateur dans la conception d’un système interactif est fondamental. Comprendre comment il pense et comment il utilisera cet outil interactif afin de lui offrir une expérience riche et intuitive.

Malheureusement, encore trop peu de ressources sont investies afin de comprendre l’humain derrière cet utilisateur ciblé, afin de supporter des mécanismes d’interaction plus “naturels” en design.

« Derrière chaque utilisateur spécifique se trouve un humain qui porte des caractéristiques fondamentalement communes, que ce soit dans nos interactions quotidiennes, ou comment notre cerveau traite différentes informations durant des tâches particulières. Ces aspects souvent négligés sont donc également importants à investiguer lors d’une recherche sur notre utilisateur, particulièrement dans des contextes où la performance est cruciale. Une approche qui combine le design et les sciences cognitives permet ainsi de bâtir un design sur des fondations solides; un design efficace où le mode de travail est harmonisé avec la façon dont l’information est traitée par le cerveau, réduisant ainsi des problèmes complexes comme la surcharge mentale, tout en menant à une meilleure performance générale. »

Serge Pelletier

Il faut savoir que le cerveau humain n’est capable de « scanner » que 20% d’une page web, c’est pour cela que l’architecture d’information doit être bien pensée en amont.

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La perception

L’humain est représenté par un système de traitement de l’information : le corps reçoit un stimulus, le cerveau le décode et le ré-encode pour interprétation pour commander une réponse.

Dans un premier temps, la vision va servir l’analyseur de la situation, en d’autres thermes, la perception de l’environnement.

Dans un deuxième temps, le cerveau va compiler l’ensemble des informations de l’environnement pour les interpréter dans un dernier temps.

Le traitement de l’information se fait de deux manières :

  •  Séquentiel : étape par étape. Le cerveau ne gère qu’une information à la fois.
  •  Parallèle : lorsque le nombre d’informations devient trop important le cerveau commence à traiter les actions en parallèle. Le cerveau est attentif à plusieurs choses en même temps.

Plus l’information est complexe, plus on doit dériver vers un traitement en parallèle. 

Le cerveau partage différentes ressources pour être à même de traiter plusieurs choses en même temps.

L’attention

Ce qu’il faut comprendre c’est que l’humain développe une capacité attentionnelle limitée. Cette attention va renvoyer à diverses activités mentales.

“Prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles.
Cela implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres.”

William JAMES

La capacité à sélectionner certains stimuli
Cela provient peut être aussi d’une certaine forme de concentration mentale. On est dans l’attente d’un stimulus et on est concentré. La concentration est une forme d’attention. Cela permet un accès à la mémoire.

« L’attention peut référer à une forme de concentration sur une tâche mentale consistant à sélectionner certains types de stimuli perceptifs et d’exclure ceux pouvant interférer dans le processus de traitement. »

Francine SHAPIRO

On distingue dans l’attention différents états :

  •  L’alerte
    • Tonique : on reste préparé pendant une longue période (par exemple, un gardien de foot qui reste concentré pendant tout le match pour éviter de se prendre un ballon)
    • Phasique : préparation attentionnelle brève.
  • La vigilance : C’est ce que l’on appelle l’attention soutenue.


Il y a plusieurs types d’attention :

  • L’attention partagée a la capacité de réaliser simultanément au moins deux activités cognitives de manière efficace. Elle reste limitée en nombre de tâche. Il n’y a pas de réelle focalisation mais une assimilation d’un ensemble complet mais essentiel de la scène. Vision globale et cohérente d’une scène avec de multiples informations. 

Elle va permettre de percevoir un ensemble d’information. L’attention est répartie à peu près également entre les différentes tâches à réaliser. L’attention est divisée sur plusieurs tâche mais elle ne peut pas être à 100% sur toutes les tâche

  • L’attention sélective, c’est l’attention qui est focalisée sur un élément. Cela peut alors bloquer certaines informations pouvant être utiles. Elle a la capacité de se concentrer sur une seule chose. L’attention est focalisée sur une seule tâche et les autres sont exclues. (cf ommwriter)L’attention sélective se décompose en 2 processus :
    • Endogène : action contrôlée, activée volontairement : Processus contrôlée. Il est lent, séquentiel et est un gros consommateur de ressources attentionnelles. Il ne permet donc pas d’exécuter plusieurs actions simultanées.
    • Exogène : un stimulus externe vient nous solliciter et le cerveau réagit automatiquement : Processus automatique. Il est rapide et permet de gérer des actions en parallèle. Né de l’expérience, il est peu consommateur de ressources attentionnelles, difficile à interrompre.

L’attention sélective est la capacité attentionnelle nous permettant de sélectionner une information jugée pertinente pour la tâche en cours. En inhibant les autres sens, elle impose de faire des choix, de bloquer d’autres informations. 

Postulat de WICKENS

L’attention partagée est possible si l’action est exempte de ces éléments.  Autrement dit, on ne peut pas faire deux choses en même temps si :

  • Nos Stimuli ont la même modalité
  • Processus commun
  • Même représentation mentale
  • Même modalité de réponse

Etude : Paradigme de l’amorçage visuo-spatial

Michael POSNER

Attirer l’attention à proximité de son point focal permet un temps de réponse plus rapide.

L’écoute dichotique : Un message va être mieux rendu si on focalise son attention dessus.

Certains mots ont une valeur d’alerte : Dans un “brouhaha de mots”, un site très chargé, certains vont ressortir et attirer notre attention (l’effet cocktail party > dans le brouhaha d’un bar, si on nous appelle, cela nous interpelle car notre prénom agit comme un focaliseur d’attention).

Exemple :  Lorsque l’on demande à un participant de restituer le contenu du message A diffusé dans l’oreille gauche, il a beaucoup de mal à restituer le contenu du message B dans l’oreille droite.

L’attention partagée dépend :

  • Ressources
  • Types de tâches
  • Stratégie d’allocution de l’attention (combien d’attention on est capable d’avoir), de traitement de l’information (comment traiter l’information)
  • Vitesse (un stimuli très court nécessite davantage d’attention qu’un stimuli plus long et est du coup plus difficile à répéter)
  • Temps

Modèles et théories de l’attention

Le modèle de BROADBENDT : Pour lui, le traitement de l’information se fait via un canal unique. Si on focalise son attention sur un type d’information considérée comme pertinante, on pourra la restituer. Les autres informations seront traiter partiellement et seront donc restituer superficiellement.

  • L’amorçage : sert à pré activer certaines représentations du cerveau en fonction du contexte.
    Dans une interface, si on a un formulaire de contact, on peut avoir certaines étapes floutée ou un pattern pour symboliser les différentes étapes du formulaire.

Le modèle de TREISMAN : elle est reparti du modèle de BROADBENDT mais en y apportant son interprétation. Pour Treisman, l’attention serait plutôt un filtre qui atténue, et non qui bloque complètement les autres informations laissant accéder l’information à la conscience selon sa valeur d’alerte.

L’information, même si elle est non focalisée va être traitée en fonction du contexte.

  • L’attention visuelle : C’est l’ensemble des mécanismes permettant d’aller sélectionner une partie de l’information visuelle présente. En attention visuelle quand on est sur une interface, on cherche à identifier des choses. On distingue :
    • La supervision : Position de la cible connue, c’est à dire qu’on sait où trouver ce que l’on cherche.
    • Le mouvement oculaire : Position de la cible inconnu, c’est à dire qu’on cherche directement sur l’interface

 La recherche de cible est en partie déterminée par les attentes concernant le lieu d’apparition des cibles. On distingue également les novices des experts qu’il est essentiel de prendre en compte dans la création d’une interface pour guider les novices et permettre aux experts, qui sont en processus automatiques, d’exécuter le plus rapidement leur tâche.

 L’attention visuelle est guidée par la présence d’un stimulus unique, lequel attire l’attention quand la cible est complexe.

La recherche commence généralement par le coin supérieur gauche et se concentre sur les zones centrales. Cependant, la recherche visuelle peut différer en fonction de la manière dont est construit le site.

La fixation longue : Le traitement de l’information est plus long. La durée de fixation dépend de la difficulté d’extraction de l’information

– familiarité du mot
– objets commun ou non

La mémoire

“La mémoire est une capacité cognitive à réactiver partiellement ou totalement les événements du passé.”

Tiberghen

“La mémoire est le moyen par lequel on retient et on retire de nos expériences passées l’informations que l’on a besoin au moment présent.”

Tulung

Notion de passé, d’expérience.

  • 3 étapes :
    • Encodage : se fait par les 5 sens qui nous permettent de mémoriser différents types d’informations.
    • Stockage : processus facilité par un mécanisme de répétition mentale.
    • Récupération : On récactive l’information, on la restitue et ça permet d’accéder à des élément qu’on a vu, senti ramenés au contexte actuel.
  • Différentes mémoires :
    • Mémoire sensorielle = Concerne une image assez précise de l’information. Temps de stockage assez court. Mémoire provisoire
    • Mémoire de travail = Permet de mémoriser des choses de l’ordre de quelques minutes (environ 30 sec. après 1 ou 2 min on passe en mémoire à long terme).

Le nombre magique de MILLER : Dans notre mémoire de travail, il nous est possible de retenir 7 items (+/- 2). Remis en cause récemment, c’est pourquoi aujourd’hui ça tourne plus autour de 3 à 5 items.

Effet de primauté et de récence : on a tendance à se souvenir du début (primauté) ou de la fin (récence) d’une liste, de chiffres par exemple.

  • La mémoire à court terme regroupant la mémoire sensorielle et la mémoire de travail.
  • La mémoire à long terme regroupant la mémoire épisodique, sémantique et procédurale.

 

Vous savez maintenant comment notre cerveau traite et comprend les informations. L’importance d’une hiérarchisation de l’information au sein d’un système interactif (site web ou application) est fondamentale pour qu’il soit utilisable et compréhensible par tous.

Merci, et n’oubliez jamais… Pensez toujours aux utilisateurs avant même de songer à la technologie !

Gary MESSENS
UX & UI Designer

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